Je suis allée en Chine et j’ai ramené un dragon, Troisième Partie : Confucianisme et Taoïsme

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Cet article est la troisième partie d’un projet qui consiste à mettre en ligne un déluge de photographies prises en Chine, accompagnées par un déluge d’informations culturelles, dans le but de vous encouragez « subtilement » à vous y rendre. Vous trouverez les autres parties ci-dessous :
Première Partie : Beijing
Deuxième Partie : la Grande Muraille et l’armée de terre cuite
– Quatrième Partie : Bouddhisme et religions de la Route de la Soie
– Cinquième Partie : en Chine, en 2015

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Troisième Partie : Confucianisme et Taoïsme

Vous allez me dire que je parle trop de dynasties et de monarques obsédés par l’immortalité. En effet, vous avez lu Marx et vous savez que la véritable Histoire est surtout faite de vie quotidienne, d’économie, de mouvements culturels, de religions adoptées par les masses anonymes !
Je n’allais pas laisser passer une occasion de raconter qu’un roi a fait raser une montagne sur un coup de sang. Mais, au fond, je suis d’accord. Parlons donc de Confucianisme, qui est à la fois un mouvement culturel et une religion et a eu sur l’histoire de la Chine un impact spectaculaire.

A l’origine de ce mouvement se trouve la pensée du sage Confucius, qui a vécu de -541 à -479, durant l’époque des Royaumes Combattants – c’est-à-dire avant que Qin Shi Huang Di ne fonde le premier empire.
Confucius est traditionnellement représenté avec une longue barbe et un air digne et grave, comme ici dans l’ancien collège impérial de Beijing. Les papiers rouges sous sa statue sont des inscriptions votives (i.e. « Je veux réussir mes examens »).

Confucius 1

Les préoccupations de Confucius reflètent le monde incertain et violent dans lequel il vivait: il est taraudé par la question « comment assurer l’ordre et l’harmonie (qui manquent horriblement autour de moi, pour le plus grand malheur de tous) ? ».
La réponse qu’il apporte est fondée sur la nécessité de respecter les rapports hiérarchiques : le fils obéit à son père, la femme à l’homme et le peuple au monarque, dont la vertu est considérée comme la justification de son pouvoir. Si tout le monde agissait ainsi, affirme Confucius, cela vaudrait mieux car l’ordre serait préservé. En d’autres termes, obéissez sagement à l’autorité et arrêtez de chanter « f*ck les keufs dans le RER », s’il vous plait (dirait-il, mais je paraphrase).
Confucius eut de nombreux disciples et, à eux tous, ils laissèrent de nombreuses œuvres concernant la politique, la morale, etc. Ces œuvres sont appelées les « Classiques ».

Sous la dynastie chinoise Tang (618-907), le confucianisme devint l’enseignement fondamental dispensé aux lettrés qui souhaitaient passer les examens pour devenir fonctionnaires. C’est ce qui explique la présence de la statue de Confucius au cœur de l’ancien collège impérial. Pour réussir l’examen, les candidats devaient prouver leur connaissance supérieure des Classiques. A posteriori, il semble qu’une philosophie de l’obéissance devait fatalement être adoptée par l’Etat.

L’aspect peu pratique et éloigné de la vie courante du contenu des examens a été évidemment beaucoup critiqué. Cette primauté des Classiques dans l’enseignement est souvent considéré comme l’une des raisons de la déchéance finale du régime impérial chinois [écrivit HW, mal à l’aise, en se souvenant du temps où elle passait ses concours et où l’un des sujets s’appelait « Culture Générale »].

Temple 1

Cette photographie et les suivantes ont été prises dans un temple consacré à Confucius, également situé à Beijing et voisin du collège impérial. Les glycines qui poussent sur les vieux arbres embaument à vous rendre ivre de parfum.

On trouve des temples consacrés à Confucius dans la plupart des grandes villes chinoises : les effigies du sage et de ses disciples reçoivent des sacrifices et on leur adresse des prières. Sous la Chine impériale, jusqu’au XXe siècle donc, les temples n’étaient fréquentés que par les érudits qui avaient réussis (ou passaient) les concours. Le confucianisme n’était donc pas une religion du peuple.
Par ailleurs, si vous êtes occidental et que cela vous parait étrange que des temples soient consacrés à Confucius, personnage tout ce qu’il y a de plus humain, songeons qu’en Chine, traditionnellement, on pratique le culte des ancêtres. Dresser un autel à un personnage réel fait donc partie du quotidien. Nous reviendrons d’ailleurs sur ces idées lorsque nous parlerons du taoïsme.

Temple 2

Etant donné que le confucianisme a une influence importante en Asie, en particulier en Chine et au Japon, la majorité des intellectuels occidentaux se sentent franchement mal à l’aise quand ils le critiquent, ayant peur de passer pour des occidentaux fermés d’esprit ou d’insulter la sensibilité de la Chine. Cependant, il faut bien avouer que cette histoire de rapports hiérarchiques à respecter à tout prix est, à première vue, complètement réactionnaire. De plus, il n’y a aucune controverse sur le fait que les femmes étaient beaucoup moins bien considérées par l’idéologie confucianiste que par les autres systèmes de pensée présents en Chine à la même époque, bouddhisme et taoïsme en particulier.

Au début du XXe siècle, des intellectuels chinois partisans de réforme et de république commencèrent à critiquer violemment la pensée de Confucius. Ils considéraient que le retard technique et militaire pris par leur pays était dû en grande partie à cette idéologie. D’une part, parce que le respect absolu dû aux aînés et aux personnes de pouvoir avait longtemps empêché les chinois qui maîtrisaient les sciences modernes, plus jeunes et moins traditionnellement influents, de se faire entendre.
D’autre part, parce que les fonctionnaires impériaux qui avaient atteint leurs hautes responsabilités grâce à leur connaissance des Classiques confucéens résistaient à l’idée que la connaissance de la science moderne devait prendre plus d’importance en Chine. En effet, leur expertise à eux serait alors devenue obsolète.

Collège impérial

Cependant, le confucianisme a aussi un aspect beaucoup plus frondeur. Puisque, selon Confucius, c’est la vertu du monarque qui fait sa légitimité, si un monarque se comporte mal, le sage confucianiste a le devoir de le lui faire vigoureusement remarquer pour que le monarque se corrige. De ce fait, les confucianistes qui théoriquement ont un respect absolu de l’autorité ont souvent été de facto les plus grands critiques des monarques.

Prenons l’exemple célèbre de l’honnête ministre Chen, conseiller d’un roi turkmène. Ce roi voulait dépenser tout l’argent du trésor pour agrandir son palais : Chen, pour être certain de pouvoir dire publiquement tout le mal qu’il pensait de ce projet avant que les gardes du roi ne l’entraînent dans un cachot, s’enchaîna à un arbre (littéralement, avec des chaines) devant le roi pour le réprimander.
Le roi, furieux, voulut faire exécuter Chen. Mais l’épouse chinoise du roi prit la défense du ministre en expliquant que : « il est bien forcé d’agir ainsi puisqu’il est confucéen. »
En conclusion, il ne faut pas embêter un confucéen.

Confucius 2

Un autre aspect important de la pensée de Confucius est l’idée que l’on peut, et qu’il faut, s’améliorer par ses efforts.

C’est un point sur lequel il est facile de voir l’impact du confucianisme sur la culture populaire en Chine et au Japon. Si vous pensez par exemple à la plupart des manga japonais pour enfants – que ce soit de la pure fantaisie comme Dragon Ball ou des manga de sport (et pas forcément pour garçons, pensons à « Jeanne et Serge ») – l’un des thèmes importants sera forcément qu’il est nécessaire de faire des efforts et de longuement s’entraîner pour devenir compétent.
C’est, à ce qu’il me semble, sensiblement différent de la littérature pour enfants occidentaux qui parle de jeunes détectives résolvant joyeusement des mystères et ainsi de suite.
C’est bien entendu moralisateur mais il me semble que c’est aussi, fondamentalement, un message optimiste : au lieu de partir de l’idée qu’une personne a une personnalité et des capacités fixes, ces histoires mettent l’accent sur la possibilité de mieux faire même si on est, pour le moment, médiocre. Je sais que, lorsque j’ai commencé à lire Dragon Ball plutôt que le Club des Cinq, ces concepts ont eu sur moi l’effet d’un électrochoc : grâce aux manga, j’ai enfin compris que je n’étais pas condamnée à être mauvaise en tout à tout jamais, et qu’aux prix d’années d’entraînements je pourrai un jour devenir une personne moins médiocre. Quel bonheur.

Bref, malgré mes sarcasmes, je suis bien obligée de m’incliner et de remercier sincèrement Confucius « pour l’influence positive que sa pensée a eu sur moi ».

Passons à la seconde grande religion chinoise. C’est celle pour laquelle j’ai une faiblesse coupable. En effet, face au confucianisme sérieux, posé et rationnel, le taoïsme mystique et échevelé se moque de toute prétention. Regardez ce tambour – qui se trouve dans le temple 紫霄宫 (Zixiao Gong, « le temple du nuage pourpre »), au pied de la montagne sacrée de Wudang : tout peut arriver quand il se mettra résonner !

Tambour

Alors que le confucianisme est avant tout l’idéologie des lettrés, le taoïsme, qui a aussi commencé comme une philosophie exigeante, a eu tendance à devenir une religion plus populaire. Mais, avant de commencer à les opposer, notons cependant qu’il n’y a pas, traditionnellement, d’exclusivité religieuse en Chine. De nos jours, une personne pourra aller allumer des bâtons d’encens devant l’effigie de Confucius un jour, prier dans un temple bouddhiste le lendemain et terminer la semaine en accrochant un charme taoïste dans sa voiture.

La photographie ci-dessous, ainsi que les suivantes, ont été prises dans le temple taoïste 东岳庙 (DongYueMiao, « temple consacré à la montagne de l’est ») à Beijing. Si vous vous demandez ce qu’il fait là, sachez que le petit cheval blanc à droite de la photographie est réputé être la monture d’un dieu taoïste. Par ailleurs, vous remarquerez sans doute que les temples confucianistes, bouddhistes et taoïste se ressemblent beaucoup extérieurement : ils sont construits le long d’un axe, avec les bâtiments principaux au milieu alignés le long de cet axe pour y prier. De plus, vous remarquerez plus loin des stèles votives portées sur le dos de tortues. Le motif des tortues portant un pilier, voire même le monde sur le dos provient de l’hindouisme et a atteint la Chine à travers le bouddhisme, religion indienne.

Ces motifs et ce plan architectural qui revient partout, y compris dans les mosquées construites « à la chinoise », fait qu’en plus de parler de taoïsme, confucianisme, bouddhisme, etc., les historiens parlent souvent de la « religion populaire chinoise ». La « religion populaire chinoise » n’est ni le taoïsme, ni le bouddhisme, ni (sûrement pas !) le confucianisme. Elle est un fond commun très ancien qui a influencé les autres religions chinoises (comme le montre l’exemple de l’architecture des temples). Elle a aussi tendance à broder et a inventer des dieux qui ne tombent pas sous l’égide des autres religions. Le concept de « religion populaire chinoise » n’est pas si connu en occident (à part bien évidemment chez les historiens et chez les étudiants de l’Institut des Langues Orientales), y compris chez les personnes qui ont fait du tourisme en Chine. Je n’ai pas vu le concept expliqué (ou même mentionné) lors de mon voyage, et pourtant (vous l’aurez deviné) je suis le genre de personne qui lit toutes les petites explications.

Cheval blanc 1

Mais revenons au taoïsme. C’est la religion du Tao, la Voie (道, en réalité prononcé « dao »).
Laozi (ou Lao-tseu), un contemporain plus âgé de Confucius qui aurait vécu autour du IVe-Ve siècle, en est considéré comme le fondateur. Selon la tradition, il est l’auteur d’un ouvrage nommé « Tao Te King » (道德经, « livre de la Voie et de la Vertu »). Il en aurait confié le manuscrit au gardien de la frontière d’un royaume chinois avant de partir en pèlerinage sur un buffle, dégoûté par la civilisation, pour ne jamais revenir.
Avec une biographie aussi romancée et aucune trace écrite contemporaine, il est tout à fait possible que Laozi soit un personnage imaginaire.

Arbre 1

Le Tao Te King est un livre contrasté. Il parle d’abord de l’univers, où la Voie (mot aussi traduit en français pas « le Principe ») est la source de toute chose. Tout être qui naît en provient et tout être qui meurt y retourne.
Laozi explique que la Voie est difficile à comprendre : « La Voie qui peut être dite n’est pas la vraie Voie, » annonce-t-il. Cette phrase explicite magnifiquement le fossé qui sépare souvent pensée et parole et fait ainsi pleurer de joie tout linguiste qui aurait lu Ferdinand de Saussure.

Parallèlement, le Tao Te King décrit aussi une morale à l’opposé du confucianisme. Selon Laozi, l’action est néfaste car elle attire les choses loin de leur équilibre, ce qui les condamne à violemment retomber en arrière plus tard. Aussi, il est vain de songer à s’améliorer, à accroître la richesse d’un pays et ainsi de suite.
Mieux vaut apprendre à supporter passivement toute situation, soutient Laozi. Il affirme que, s’il était roi d’un pays, il empêcherait les habitants de voyager ou de s’éduquer pour qu’ils ne se rendent pas compte de leur misère et vivent ainsi « heureux ».
Tout cela semble incroyablement défaitiste, et on a vaguement envie de proposer à Laozi une tasse de thé ou un carré de chocolat pour lui remonter le moral.

Par ailleurs, Laozi encourage les sages et les puissants à l’humilité la plus totale : il les encourage à « se faire plus bas que le fond d’un lac » de façon à ce que le peuple vienne à eux tel l’eau des rivières qui coule vers le lac.

(En-dessous, vous pouvez admirer les fameuse stèles portées par des tortues. En Chine, on les appelle des Bixi. Dans la mythologie taoïste, elles sont considérées comme des « dragons sous forme de tortues ».)

Stèles 1

Si vous voulez vous amuser beaucoup, je vous conseille de lire le Tao Te King en imaginant que vous êtes Friedrich Nietzsche dans la période où il s’attachait à étudier – et critiquer – les religions de tout pays. Je ne me souviens pas s’il a parlé du Tao Te King dans ses œuvres, mais il est facile de deviner ce qu’il en aurait pensé. J’entends d’ici les hurlements de rage qu’il aurait poussé en lisant – « C’est de la négation de l’élan vital, une philosophie d’esclave qui cherche à ramener les êtres doués au rang des médiocres, c’est pire que les catholiques ! » aurait-il crié avant d’avoir une attaque d’apoplexie.

Stèles 3

Toute plaisanterie à part, le contenu du Tao Te King ne semble pas vraiment mystique et échevelé, me direz-vous. Au contraire, il est posé, aride, et en demande beaucoup au lecteur. Vous aurais-je menti à propos du taoïsme ?

Non ! En réalité, le taoïsme populaire a un visage très différent du contenu de ce livre : les paysans qui priaient dans les temples ruraux ne l’avaient certainement pas lu, et ils comprenaient leur religion comme ils l’entendaient. Leur pratique était inspirée davantage par des traditions anciennes de chamanisme et de polythéisme que par le livre. En réalité, beaucoup de ce que les occidentaux (et même certains chinois) appellent du « taoïsme » est plutôt le fait de la fameuse religion populaire susmentionnée, qui revient partout lorsque l’on essaye de comprendre les phénomènes religieux en Chine.

Prenons un exemple. Alors que le Tao Te King ne mentionne aucun dieu, aucune légende ou aucun rite (au contraire, il conspue les rites comme étant une dégénération des actes vrais), le taoïsme populaire est fondamentalement un polythéisme créatif : il génère autant de dieux, de légendes et de rites qu’il lui plait. Et il lui plait. Durant la période impériale, outre ses dieux principaux, le taoïsme a « adopté » de nombreux dieux de la religion populaire, qui n’avaient rien à voir avec le taoïsme philosophique, dans son panthéon. Il faut noter que le bouddhisme a fait la même chose dans une moindre mesure – il a « converti » des dieux de la religion populaire au bouddhisme et en a fait des gardiens de temples, par exemple. Seul le confucianisme, religion des lettrés aux sourcils froncés, a fermement refusé de jouer à ce jeu – ce qui est logique, car c’est une religion élitiste et foncièrement « impopulaire ».

Chez les taoïstes, toujours dans le temple 东岳 à Beijing, les bâtiments qui entourent les cours principales sont séparés en différentes salles remplies de statues de dieux. Chaque des salle représente un « département » (c’est la traduction donnée sur place) : le département des dieux des montagnes, des animaux marins, des naissances difficiles, des disputes concernant des contrats (véridique), etc. Les statues qui se trouvent dans chaque salle sont les dieux qui appartiennent à ces « départements » : ils peuvent aider les fidèles pour des problèmes liés à ces domaines. Le fidèle n’a donc plus qu’à trouver le bon département et à aller y prier.
Il y a des centaines de statues, toute à taille humaine. C’est absolument vertigineux. Voici, par exemple, le « département pour maîtriser les esprits et fantômes malveillants » :

Département des esprits

Imaginez-vous que le temple contient des dizaines et des dizaines de salles comme celle-ci. Bien entendus, vous l’aurez deviné, une grande partie de ces innombrables dieux sont des dieux récupérés de cultes populaires locaux qui n’avaient au départ rien à voir avec le taoïsme.

Les « dieux » sont créés par les fidèles de toutes les façons possibles. Le petit temple taoïste ci-dessous en est une illustration. Il se nomme 八仙庵, « le temple des huit immortels » et est situé à Xi’An : il appartient, de façon charmante, à « l’association des temples taoïstes de province ».

Taibai

Voici le rapport avec nos dieux :
– le bâtiment devant lequel est agenouillé la jeune femme contient une effigie du dieu Taibai (太白), une personnification de l’étoile Vénus.
– le mon côté, j’ai pris cette photographie debout sur les marches d’un bâtiment consacré à Sun Simiao, un médecin taoïste spécialiste des plantes qui a atteint la sagesse et le statut « d’immortel », c’est-à-dire de dieu. Les deux « dieux » ne proviennent évidemment pas du même type de culte.

Mais l’idée de « se transformer en immortel » nous ramène au taoïsme pur. C’est en effet une idée fondamentale de cette religion. Dans le taoïsme, il n’y a pas de séparation fondamentale entre humain et dieu : un humain peut devenir un dieu, un « immortel » s’il atteint la sagesse. D’ailleurs, les « dieux » les plus connus du taoïsme sont souvent supposés avoir été durant leur vie terrestre des rois ou des princes de l’ancien temps, comme le plus célèbre des dieux, l’Empereur de Jade, réputé avoir été le fils d’un empereur chinois.

Enfin, les taoïstes pratiquent traditionnellement l’herboristerie et l’alchimie : outre le médecin Sun Simiao que j’ai mentionné plus haut, on trouve des « brasiers d’alchimie » dans certains sites sacrés taoïstes.

Pic de l'Est

Avec son mépris de la civilisation, le taoïsme a un lieu d’élection : les montagnes, où les sages qui veulent atteindre le statut d’immortels se retirent en tant qu’ermites. Ce que vous voyez ici est le pic de l’est de la montagne taoïste du Hua Shan (华山), dont j’ai sans doute fait l’ascension le plus beau jour de l’année. La montagne était couverte de pruniers en fleurs – sauf le sommet, où il gelait, mais j’y reviendrai.

Au pied des monts 2

Le Hua Shan (华山) est un endroit magnifique, et d’ailleurs, c’est ce que signifie son nom… ça, ou « Chine ». Le même caractère est utilisé pour dire « Chine » ou « magnifique ». Par ailleurs, le même caractère (欧) est utilisé pour écrire « Europe » et « vomir ». De cette façon, les choses sont claires.

Au pied des monts 5

La montagne est séparée en cinq « pics » : les pics du nord, de l’est, de l’ouest, du sud et du milieu. Ils correspondent aux cinq directions de l’univers dans la cosmogonie chinoise… en théorie. En réalité, le « pic du milieu » est un vague rocher situé sur le flanc du pic de l’est. Il a été baptisé « pic » parce qu’il fallait bien un pic du milieu pour des raisons religieuses et esthétiques. Chaque pic possède un temple, et d’autres temples et vestiges de cave d’ermites « immortels » sont dispersés sur les flancs de la montagne.

Arbre aux rubans 1

Durant l’ascension, il ne faut pas s’attendre à être seul dans la nature sauvage et se plaindre quand ce n’est pas le cas (comme j’ai entendu un voyageur australien le faire, pour ne pas dénoncer). Cela fait des centaines d’années que des fidèles taoïstes, mais aussi nobles et des empereurs, viennent se recueillir sur la montagne : c’est un lieu de pèlerinage, d’où l’affluence. On ne va pas non plus à Lourde pour y être seul avec ses pensées dans un église déserte.

De plus, pour préparer la venue des empereurs, vous vous imaginez bien que des chemins de pierre ont été taillés il y a fort longtemps. Plus récemment, ils ont été refait avec du béton pour résister aux pieds des citoyens chinois qui ont soudain de l’argent à dépenser en voyages. C’est bien normal et tout australien qui se plaint se verra jugé indigne des ermites immortels.

Pic du nord

Qui, qui a le front de se plaindre devant un endroit qui ressemble à ceci ? (C’est le pic du nord. Notez les escaliers qui y mènent le long d’une crête, la « crête du dragon bleu ».)

Pavillon des phénix 2

Ou à ceci, à l’aube. Qu’est-ce qui vous prend, ô australiens ? Arrêtez de vous plaindre, on dirait des français…

Pavillon des phénix 1

Le pavillon que vous voyez sur cette photographie s’appelle la « terrasse pour attirer les phénix » et il est situé non loin des pics de l’est et du milieu. Ce pavillon me permet d’illustrer quelque chose que j’aime particulièrement dans le taoïsme et qui explique ma faiblesse coupable pour cette religion : sa poésie exacerbée. Les phénix sont partout !

Le nom du pavillon provient d’un conte qui veut qu’un couple d’ermites – un sage immortel et son épouse, une princesse échappée de la cour de Qin Shi Huang Di – se rendaient sur cette terrasse et y attiraient les phénix en jouant de la flûte.

Je suis prête à apprendre à jouer de l’ocarina si cela peut attirer un phénix.

Trois phénix 1

Parmi les autres contes liés à la montagne, j’ai un faible pour celui de la 毛女 (« la femme aux [longs] cheveux »), une ermite qui s’était également échappée de la cour de Qin Shi Huang Di, où elle était servante. Arrivée sur la montagne, la servante reçut l’enseignement d’un sage qui lui apprit à se nourrir d’eau claire et de pommes de pain, et elle devint à son tour une immortelle capable de « marcher comme le vent » sur les crêtes.
J’aurais bien aimé marcher comme le vent en grimpant les escaliers qui mènent aux cinq sommets, moi aussi, mais je n’en suis malheureusement pas encore là.

Notez que le Hua Shan est situé non loin de Xi’An, capitale de l’empire chinois antique, d’où l’abondance de contes qui parlent de princesses et de servantes échappée de la cour de Qin Shi Huang Di. Notez aussi qu’une femme peut très bien devenir une immortelle si on en croit le taoïsme. Ce n’est pas le confucianisme qui donnerait un tel rôle aux femmes.

L’abondance de contes comme ceux-ci explique peut-être qu’on entende souvent parler de poètes ou d’artistes inspirés par le taoïsme plutôt que de moralistes (contrairement au confucianisme).

Même lorsqu’un philosophe se penche sur le taoïsme, le résultat sera plein de paradoxes et aura une certaine poésie. Le plus connu des philosophes taoïstes, Zhuangzi, a vécu entre la fin du quatrième siècle et le début du troisième siècle avant notre ère. Il est connu pour avoir écrit : « J’ai rêvé que j’étais un papillon qui jouait dans un rayon de soleil et, depuis que je suis réveillé, je ne sais plus si je suis Zhuangzi qui a rêvé qu’il était un papillon ou un papillon en train de rêver qu’il est Zhuangzi. »

Pruniers

Il est possible de passer la nuit dans des refuges au sommet des pics, en particulier sur le pic de l’est, ce qui permet d’admirer le lever du soleil du haut de la montagne. Evidemment, je l’ai fait.

Ce que j’ai à peine mentionné jusqu’ici, c’est que malgré le soleil il gelait au sommet des monts. La Chine a connu une vague de froid alors que je m’y trouvais : il a neigé dans la plaine en avril, et vous pouvez vous imaginez ce que cela donnait en montagne. La nuit, il faisait -8°C, ce qui n’est pas horrible mais qui est gênant quand on est un voyageur qui n’a prévu des vêtements et des pulls que pour un temps de mois d’avril de période non-glaciaire.

Monts 2

Evidemment, le refuge au sommet du pic est n’était pas chauffé (il n’avait même temporairement pas d’eau courante car les tuyaux avaient gelés).

Mes amis, félicitez-moi car ce blog est celui d’une personne qui a gagné le Grand Prix Annuel de Masochisme lié à une Exposition Inutile au Froid. Certes, je n’ai pas fait aussi bien que les lauréats de certaines années (disons Peter Aufschnaiter, Heinrich Harrer et tous leurs amis partis au Tibet sans le moindre matériel décent pour échapper à un camp de prisonnier anglais en 1944), mais je me suis tout de même retrouvée à dormir toute habillée sous une couverture glacée, portant mon manteau fermé jusqu’au menton (manteau à qui je dois des remerciements car il a été incroyablement fiable et résistant pour un manteau « de fille » acheté chez Kookai).

Vous me direz que je n’étais probablement pas la seule à essayer de ne pas me transformer en glaçon durant la nuit au refuge, mais presque. Voyez-vous, la plupart des personnes présentes étaient venues en couple. Chacun avait droit à un lit et à une couverture, mais les amoureux ont tous intelligemment décidé de mettre leurs deux couvertures dans un seul lit et de s’installer dessous ensemble, bien au chaud. Ce soir-là, j’ai enfin compris l’utilité de ne pas être célibataire.
Oui, qu’on se le dise : pour la première fois de ma vie, j’ai sincèrement regretté de ne pas avoir de petit ami.

Un groupe de trois filles a fait mieux en se mettant toutes ensemble dans le même lit sous leurs trois couvertures. Cela ne les a pas empêché de se plaindre du froid toute la nuit en parlant très fort, empêchant ainsi les autres de s’endormir pour oublier qu’ils gelaient. Je pense parler non seulement pour moi, mais aussi pour les deux seuls autres garçons (chinois) qui étaient seuls dans leur lit, en disant que nous avons copieusement, quoique silencieusement, haï ces trois cruches.

De façon à ce que je les haïsse encore plus, les trois demoiselles ont mis leur réveil à quatre heure du matin (pourquoi ? On ne le saura jamais car le soleil se levait à six). En l’entendant, je n’ai pas regardé l’heure et j’ai décidé de me lever sans attendre, pensant que l’aube approchait. Je me suis retrouvée à flanc de montagne au milieu d’une nuit noire avec ma lampe torche, sous des étoiles magnifiques, à geler. J’ai mis quarante minutes à me rendre compte qu’il faisait bien trop sombre pour que l’aube soit proche et que je ferais bien d’aller me recoucher dans le refuge comparativement moins glacial avant de devenir immortelle par décès.
Riez, je le mérite. Mon cerveau avait probablement gelé.

Je dois néanmoins des remerciements aux trois demoiselles car cette nuit noire était splendide. De plus, après une nuit aussi fatigante, l’aube…

Here comes 2

…était l’une des plus belles choses…

Here comes 3

..que j’ai vue…

Here comes 4

…de ma vie.

Here comes 5

Et je ne l’échangerais pas contre un joyau si on me le proposait.

Here comes 6

Je n’étais évidemment pas seule pour le contempler : encore une fois, c’est un pèlerinage et c’est très bien.

People 1

A côté de moi, un jeune chinois debout sur un rocher a commencé à crier : « ça y est ! J’ai vu le soleil se lever du haut du pic de l’est ! C’est trop beau ! C’est trop beau ! 太漂亮 ! »

J’étais bien d’accord et j’aurais bien aimé que nous reprenions ce cri en chœur comme un banzai au lever du soleil sur le mont Fuji, mais, malheureusement, il n’y a pas eu de mouvement collectif de ce type.

Ruban 1

Vous devez vous demander ce que sont tous ces rubans rouges que vous voyez depuis le début. Ce sont des rubans votifs : nouez-les sur la montagne sacrée et vous aurez, comme il est écrit dessus « la paix et la sécurité durant toute une vie ». On peut les acheter pour 2 yuan, c’est-à-dire 30 centimes d’euro, à des vendeurs ambulants le long du chemin. Comme sur le Pont des Arts, on peut d’ailleurs aussi acheter des cadenas.

Pic Est le matin

On voit les rubans rouges sur toutes les montagnes taoïstes, ici sur le Hua Shan, vingt minutes après l’aube sur le pic de l’est…

Rubans 2

…et, à trois cents kilomètres de là, dans une brume couleur de coton, sur le mont sacré de Wudang.

L'arbre 2

Le 武当山 – « Wudang Shan », mont Wudang ou Wu-Tang, pour ceux qui aiment le rap des années 90 – est tellement mentionné avec révérence dans tous les films d’art martiaux à tendance mystique que c’est souvent une surprise d’apprendre que oui, c’est un endroit qui existe et qu’on peut visiter.

Rubans dans un arbre

Et il est beau.

Rubans 1

Infiniment beau. Pour chacune de ces images, il y en a cinq tout aussi belles que je ne vous montre pas par manque de place.

Pont 1

Il est également couvert de temples, comme ici le 紫霄宫 (Zixiong Gong, « temple du nuage pourpre »).

Chaotian Gong 3

(Et il est pluvieux, je le reconnais, mais c’est pour mieux cacher les phénix et les dragons dans la brume. Cependant, il me faut avouer que les nuages étaient plutôt gris que pourpres.)

Chaotian Gong 2

Le mont Wutang est célèbre car il est à la source d’une forme d’art martial, le Tai Chi (太极拳, taijiquan en pinyin), qui met l’accent sur la force intérieure.
Très taoïstiquement, les techniques du Tai Chi se fondent sur l’idée de rester autant que possible dans l’inaction et de laisser l’adversaire se vaincre lui-même. « Si l’adversaire bouge, il finira forcément par se faire du mal à lui-même par réaction à son action, » affirment les pratiquants. On le constate, les théoriciens du Tai Chi ont lu le Tao Te King, eux.
L’inspiration religieuse de cet art martial explique son aspect méditatif et le fait qu’il croit en la force de guérison du souffle.

Notez de plus que le nom Wudang s’écrit 武当, ce qui peut se traduire par « usage de l’art martial, de la force militaire ».

Jardin taoïste 1

Plus tard, un joyeux syncrétisme entre le tai chi taoïste et certaines forme de kung fu pratiquées dans le temple bouddhiste de Shaolin entraîna la création du concept « d’arts martiaux internes chinois », maintenant bien connu des amoureux du New Age en occident. Si vous avez bien suivi, vous avez sans doute deviné que ce joyeux syncrétisme est, une fois encore, considéré comme une manifestation de notre nouvelle amie, la « religion populaire chinoise ».

Note : pour des raisons de longueur, je me vois ici forcée de couper un long paragraphe de… ahem… quelques pages que j’avais écrit, suite à mes lectures (notamment l’excellent « The Origins of the Boxer Uprising », de Joseph W. Esherick, que je conseille vivement), sur la place des arts martiaux dans l’histoire de Chine. Si le sujet vous intéresse, surveillez ce site car cela fera sans doute l’objet d’un article.

Chemin

Revenant au mont Wudang lui-même, je l’avoue sans honte : les escaliers qui mènent au sommet, que vous ne verrez pas ici car je ne veux pas vous décourager, ont failli m’achever. Cependant, tant qu’à être vaincue misérablement par une montagne et obligée de prendre une pause (ce qui ne m’arrive normalement jamais !), autant que ce soit par le mont Wudang.

L’une des raisons pour lesquelles j’étais fatiguée est que j’ai beaucoup tourné en rond au début. En effet, au pied de la montagne, mille chemins se croisent et s’entrecroisent et, comme ils descendent dans des vallées avant de remonter vers le sommet, le chemin à suivre pour grimper n’est pas du tout clair. Il y a des pancartes mais, et c’est d’ailleurs très drôle, elles sont incroyablement mal traduites en anglais. Par exemple, le nom d’un temple était traduit sur certaines pancartes par « le temple des nobles ancêtres » et sur d’autres (correctement) par « le temple des pruniers et de la vigne bétel ». La traduction a sûrement été faite par un anglophone, mais la personne qui a imprimé les pancartes en associant original et traduction ne parlait visiblement pas anglais. Si vous ne parlez pas chinois, vous allez bien vous amuser à trouver votre chemin.

Rubans en cage

(Le piège à étrangers est prêt.)

Mais je lis le chinois. Je n’ai donc aucune excuse pour avoir été égarée par une pancarte qui disait, en anglais, « vers le sommet » et en chinois « vers une caverne ». J’ai bien vu que la traduction ne correspondait pas, mais j’ai pensé que la caverne était sur le chemin du sommet car aucune autre pancarte ne disait, en chinois, « vers le sommet ». Et c’est ainsi que je me suis retrouvée dans un cul de sac et que j’ai tourné en rond pendant trente minutes, car j’avais manqué une pancarte chinoise à moitié effacée, non traduite, placée à hauteur de genou, qui disait « vers le sommet ».

Regardez : si vous lisez le chinois, vous constaterez que je n’invente rien. Les immortels veulent vous perdre, c’est un test.

la vraie Voie

Laozi m’avait prévenue. « La Voie qui peut être dite sur une pancarte n’est pas la vraie Voie. »

Sympathisante taoïste 2b

Votre sympathisante taoïste est plongée dans la confusion.

Les auteurs de la pancarte ont raison : le Mont Wudang est effectivement plein de mystère (et d’effectualité !).

DSC03959

Pour ceux qui se posent la question, le panneau se lit « Wudan Shan yi ling » et veut plutôt dire « Le Mont Wudang est un lieu plein d’âme (ou touché par l’esprit) » mais on comprend que la personne qui a cherché un équivalent anglais se soit arraché les cheveux, car « ling » veut dire à la fois « esprit » et « efficacité ».

A toute fin utile, et si vous avez autant envie de visiter le mont Wudang que moi lorsque j’ai appris que c’était visitable, je me permets finalement de vous donner un conseil : prenez votre temps durant l’ascension. En effet, autant l’ascension est merveilleusement belle, autant le sommet est une catastrophe car il est desservi par un téléphérique. En arrivant au sommet, on est donc soudain pris dans une foule qui n’a pas eu le courage de grimper à pieds mais qui joue des coudes pour voir le petit temple du sommet, lequel n’est d’ailleurs pas particulièrement remarquable. La nervosité de la foule est telle qu’on se croirait dans la queue au guichet de la RATP un jour d’affluence, mais sous la pluie.

Par conséquent, si vous visitez le mont Wudang, faite donc votre pause victorieuse à l’avant-dernier temple et oubliez le fétichisme du sommet.
Ceci dit, il reste amusant de le voir car, quelques jours plus tard, j’ai vu la Chambre d’Or du dernier temple (que je n’ai pas prise en photographie car les visiteurs descendus du téléphérique me déprimaient) apparaître, peut-être via un fond vert d’ailleurs, dans un film de wuxia pian (c’est-à-dire un film d’arts martiaux qui se déroule dans un cadre pseudo-historique). Cela m’a fait un petit coup au cœur de la reconnaître sur l’écran, elle, la vraie, où j’avais traîné mes pieds boueux.

Maintenant, rions :

Destinée 1

Les boutiques au pied du mont Wudang étaient remplies de « répliques véritables » d’épées de Wudang ! Et ceci pour des prix modestes qui variaient de 75€ au coût d’un rein de votre premier-né. Si je me laissais davantage aller à mes mauvais penchants, je pourrais en ce moment même être en possession de l’épée Destinée de « Tigre et Dragon ». Je n’ai pas cédé, et d’ailleurs je préfère tuer à mains nues.

Je regretterai sans doute amèrement ma retenue si un cambrioleur tente un jour de pénétrer chez moi alors que j’y suis. En effet, « j’ai fait fuir un cambrioleur avec l’épée Destinée » serait une anecdote sans prix.

Car

Je suis redescendue de ma montagne sacrée, j’ai repris mon car sous la pluie et je suis retournée à Xi’An, où j’ai avalé force bières et toutes les pâtisseries que les vendeurs de rue voulaient bien me vendre, ce dont j’avais bien besoin.

Dans mon cœur poussent maintenant des arbres ornés de rubans rouge sang.

Et incidemment, les conducteurs de car chinois conduisent tous comme des fous. Trois personnes (des adultes, pas des enfants) ont vomis à différentes étapes de mon trajet vers le mont Wudang, et je ne peux les blâmer. Comme toujours, un véritable voyage se fait sous le signe de l’absence totale de confort.

La troisième partie est terminée, mais si vous voulez en savoir plus (i.e. si vous n’avez pas assez procrastiné au bureau) la quatrième est là ! Il y est question de statues de bouddha taillées dans la paroi des falaises chinoises et de temples suspendus dans les airs.

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7 réponses à “Je suis allée en Chine et j’ai ramené un dragon, Troisième Partie : Confucianisme et Taoïsme

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  4. Bouh tu as fait des fautes !!!
    Si vous voulez vous amus[ez] (:o)
    quand [se] n’est pas le cas
    La plus belle étant celle là: un joyeux syncrétisme entre le tai chi taoïste et [certains forment] de kung fu pratiquées dans le temple bouddhiste de Shaolin entraîna la création du concept « d’arts martiaux internes ».

    Il y aussi: il est desservi[t]

    Mais sinon en vrai c’est vraiment hyper intéressant!
    Et je retiens que je peux à présent essayer de te trouver un petit ami pour avoir moins froid en haut des montagnes ! 😉

    • Ce texte représente ma première tentative de m’exprimer en français depuis un mois. Je te remercie de ton aide et de ton soutien à mon orthographe, j’en ai bien besoin…

      P.S. Corrigé ! Mais je laisse ton message là, car il faut que je sois corrigée par mes ministres confucianistes intègres pour que je ne fasse plus de fautes. Puis-je t’appeler Hélène-Chen à partir de maintenant ?

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