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Qu’est-ce qu’une VRAIE saga ? Seconde partie

Cet article est la suite de l’article « Qu’est-ce qu’une vraie saga ? Première partie ».

Premier type de saga : les sagas royales

La Heimskringla, la plus connue des sagas royales, est l’histoire des rois de Norvège. Le titre, qui reprend les premiers mots du texte, signifie « l’orbe du monde ». Voilà la première phrase : « On dit que l’orbe du monde, que la race humaine habite, est séparé en de multiples baies, et que des vastes mers pénètrent dans les terres depuis l’océan. »

La Heimskringla dans un manuscrit islandais du XVIIe siècle.

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Qu’est-ce qu’une VRAIE saga ? Première partie

Chers lecteurs, chers visiteurs,

Le marketing est un instrument fascinant, qui permet de se ridiculiser avec panache. En 2008, la société Summit Entertainment est devenue riche comme Crésus en adaptant au cinéma « Twilight » (en français, « Twilight : Fascination »), un roman qui raconte l’histoire d’amour d’une jeune fille avec un vampire. Pour capitaliser sur ce succès, les têtes pensantes de Summit Entertainment ont annoncé qu’ils adapteraient le reste des romans de Stephenie Meyer sous le nom de « the Twilight Saga ».

Les informations liées à cette série dominaient les médias à l’époque. La simple annonce de ce nom, « Twilight Saga », a été accueillie avec des cris d’horreur sur internet (apparemment, nous nous ennuyions beaucoup).
Les détracteurs de la série affirmaient que Twilight n’était pas une « saga » : selon eux, ce n’est pas assez épique, pas assez grandiose. Appeler « le Seigneur des Anneaux » ou « la Guerre des Etoiles » une saga, soit, mais pas Twilight. La réaction négative a été très marquée dans le monde anglo-saxon, où le mot « saga » possède une connotation héroïque.

Les lecteurs de Twilight étaient eux aussi un peu surpris. En effet, ils appréciaient l’histoire d’amour pour ce qu’elle était. Ils ne voyaient pas d’intérêt à ce qu’on leur raconte que c’était une fresque épique. Après tout, une histoire d’amour qui s’étale sur des centaines de pages, ce n’est pas un mal en soi (« Belle du Seigneur » d’Albert Cohen compte 1109 pages dans l’édition Folio et je suis prête à faire subir le traitement viking à quiconque dira que c’est mauvais sans l’avoir lu).

Pour une saga, je dois avouer que cette histoire manque de drakkars.

Un jour, mes amis discutaient de ces questions passionnantes. Au bout d’un moment, ils ont fait ce qu’ils font en général : ils se sont tournés vers moi et ont demandé : « HW, toi qui est une geek avec une encyclopédie à la place du cœur, peux-tu nous aider à régler la question ? A l’origine, qu’est-ce que c’est, exactement, une saga ? »

Chers amis, je suis là pour vous. Laissez-moi chausser mes lunettes à monture d’écaille et prendre ma voix d’institutrice de la IIIème République. Lire la suite

Pourquoi écrire de la Fantasy, raison n°1 : « Mythe et épopée »

Cher lecteur, cher visiteur,

Voulez-vous entendre l’histoire du héros aux membres d’acier brulant qui vivait dans le ciel, et à qui sa famille envoyait des messages par l’intermédiaire de faucons ?
De mon coté, rien ne saurait me faire plus plaisir.
Et l’histoire du dieu qui a laissé l’un de ses yeux dans une source magique pour gagner le don de clairvoyance ? Celle de la sorcière qui transformait les hommes en animaux ?
Je veux qu’on me les raconte aussi, s’il vous plait.

Mon intérêt pour les mythes et les chansons de geste n’est pas une addiction. Je peux m’arrêter quand je veux.

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